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Drogues et toxicomanies

L’opinion publique se crispe

L’opinion publique se crispe - Date de mise à jourMise à jour le : 22/06/2010
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Le jugement des Français sur les produits illicites est de plus en plus sévère. 62 % d’entre eux déclarent que le cannabis est dangereux dès l’expérimentation contre 53 % en 1999 et 52 % en 2002. En ce qui concerne l’héroïne, 92 % des Français jugent sa consommation dangereuse dès le stade de l’expérimentation. C’est 3 points de plus qu’en 1999 et 2002. Pour la cocaïne, ils sont presque 9 sur 10 (89 %) contre 85 % en 1999 et 83 % en 2002. L’éventualité d’une « mise en vente libre » du cannabis est par ailleurs rejetée par 85 % des Français, soit 10 points de plus qu’en 2002.

Ces chiffres proviennent de l’enquête EROPP 2008 (Enquête sur les Représentations, Opinions et Perceptions sur les Psychotropes) dont les premiers résultats ont été publiés mercredi 21 juin 2010 par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT).

Les Français sont aussi plus critiques sur le concept de réduction des risques. En 2008, 72 % d’entre eux approuvaient l’idée « d’informer les consommateurs de drogues sur la façon la moins dangereuse de les consommer afin de diminuer les risques pour leur santé ». En 2002, ils étaient 81 %.

Enfin l’idée de mettre à disposition des consommateurs d’héroïne des salles de consommation et du matériel sûr pour réduire le risque de transmettre des maladies comme l’hépatite C ou le VIH/sida est rejetée par 73 % des Français.

L’Association nationale des intervenants en toxicomanie et addictologie (ANITEA) et la Fédération des Acteurs de l’Alcoologie et de l’Addictologie (F3A) s’inquiètent de la montée des opinions négatives sur les psychotropes et en appellent au courage des politiques.

Dans un communiqué commun, les deux structures rappellent que « L’opinion publique a été contre la mise en vente libre des seringues, comme elle a été contre l’interdiction de fumer dans les lieux publics, mais grâce à l’action et au courage d’hommes et de femmes politiques, de droite comme de gauche qui imposèrent ces mesures, elles furent ensuite plébiscitées par la même opinion publique qui put en mesurer l’intérêt. »

Fin juin, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) fera des recommandations aux pouvoirs publics sur la réduction des risques chez les usagers de drogue. Le volet sur les salles de consommation sera particulièrement attendu.

Lire le communiqué de presse (en pdf)

Sites de référence

- OFDT
- ANITEA
- F3A
- INSERM