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"Au niveau de l’hépatite C, la prévalence en région PACA, qui est la plus forte de France, se situe à 1 %"

Mise à jour le : 3/05/2006
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Questions à Denis Ouzan, hépatologue, président du Réseau Hépatite C Ville-Hôpital Côte d’Azur

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Hépatites Info Service (HIS) : Quel est le rôle du Réseau Hépatite C Ville-Hôpital Côte d’Azur ?

Denis Ouzan (DO) : Ce réseau, actif depuis une dizaine d’années, est constitué de professionnels de santé ayant pour objectif d’améliorer la prise en charge des hépatites dans le département des Alpes-Maritimes. Nous avons réalisé plusieurs actions : une enquête de pratique et une campagne de dépistage de l’hépatite C en collaboration avec le collège des généralistes-enseignants, puis une étude sur le devenir des patients reconnus comme positifs à la suite du dépistage. Nous sommes assez fiers d’avoir mené la première action sur l’amélioration de l’élimination du matériel usagé après traitement par Interféron chez les malades atteints d’hépatite C. Le réseau Hépatite C Côte d’Azur a été le premier à souligner le danger de l’élimination inappropriée de ce matériel. Jusqu’alors les malades n’étaient pas suffisamment informés sur les risques qu’ils faisaient encourir en jetant leurs aiguilles usagées à la poubelle. Quand l’information est donnée, l’élimination est optimale. Notre campagne « La poubelle, plus jamais » a été primée, et a gagné tous les centres d’hépatologie de France.

HIS : Avez-vous une action en cours ?

DO : Une étude est menée pour améliorer et évaluer le degré de connaissance des adolescents vis-à-vis du risque des hépatites. Cette action est réalisée dans les collèges et les lycées sous la coordination du Dr Eugénia Mariné Barjoan. Ce travail chez les adolescents de notre département a pour but de réduire les risques de contamination dans cette population. Il a fait l’objet d’une publication orale lors du denier congrès d’hépato-gastroentérologie (Journées Francophones 2006) au Palais des Congrès à Paris.

HIS : Quelles sont les caractéristiques de la région PACA pour les hépatites ?

DO : Pour l’hépatite C, la prévalence Prévalence Nombre de cas déclarés d’une maladie ou d’un trouble (cas nouveaux et cas déjà déclarés) divisé par la population totale, sur une période donnée ou à un moment défini. , qui est la plus forte de France, se situe à 1 %. Pourquoi la région PACA est-elle particulièrement exposée ? Parce que c’est une région connaissant un brassage de population assez important, peut-être aussi à cause d’une utilisation de drogues plus fréquente que dans d’autres régions. La région PACA est caractérisée depuis pas mal de temps comme une région à haut risque viral.

HIS : Quel bilan dressez-vous de la Journée nationale de mobilisation sur les hépatites qui s’est déroulée le 21 janvier denier ?

DO : Au départ, la Fédération des pôles et des réseaux sur les hépatites nous a présenté une action destinée au grand public. Ensuite, elle nous a demandé de préparer une action en direction des professionnels. Avec un délai aussi court, réunir une centaine de médecins au même moment nous a semblé irréalisable. Aussi nous sommes restés sur la première option. Le succès a été au rendez-vous puisque nous avons rassemblé 250 personnes dont beaucoup de personnes atteintes. Le travail s’est fait conjointement avec la déléguée régionale d’Hépatites Info Service à Nice Sophie Becquet. Elle s’est beaucoup investie et a fait preuve d’une très grande efficacité.

HIS : Quelles ont été les questions posées par le public ?

DO : Elles portaient sur la difficulté des traitements, les risques de contamination, sur la gravité et l’évolution de la maladie, et aussi sur la qualité de la relation médecin-malade. Les témoignages de malades ont été très nombreux. J’ai été frappé par le fait que les gens parlaient beaucoup moins d’indemnisation à la suite d’une contamination pour privilégier les questions sur l’efficacité thérapeutique. Je me souviens aussi d’une personne racontant comment le traitement de son hépatite lui avait permis de chasser ses démons liés à l’usage de drogue. Nous avons eu des témoignages très forts.

HIS : La journée n’insistait-elle pas aussi sur l’importance du dépistage ?

DO : C’est en effet l’un des points sur lequel nous avons beaucoup insisté. Aujourd’hui la moitié seulement des porteurs d’hépatites chroniques B et C sont connus. Il est donc nécessaire de mettre la pression pour identifier ceux qui ne le sont pas. Pour la première fois, une Journée nationale a clairement insisté sur le dépistage du virus de l’hépatite B, comme cela se fait depuis dix ans, de façon ciblée, pour l’hépatite C. Le slogan : « Les dix raisons qui doivent conduire à se faire dépister » mérite d’être plus médiatisé. Le but est que les gens puissent aller voir leur médecin en leur disant : « J’ai un facteur de risque, je veux faire un dépistage. ». Nous allons bientôt prendre contact avec nos partenaires institutionnels pour essayer de réaliser une campagne d’information à l’échelon du département des Alpes-Maritimes sur ce sujet. Il y a encore un énorme travail à faire en France pour stimuler le dépistage ciblé à la fois de l’hépatite B et de l’hépatite C et le rendre plus efficace.

Le site du Réseau Hépatite C Ville-Hôpital Côte d’Azur : www.hepatite06.org


Entretien réalisé par Alain Miguet pour Hépatites Info Service