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"Aujourd’hui, les gens vont acheter un piercing comme ils vont acheter une paire de tongs"

Mise à jour le : 10/07/2006
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Questions à Karoll, de Art Tattoo Studio* à Toulon

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Hépatites Info Service (HIS) : N’importe qui peut-il se faire tatouer ou percer ?

Karoll : Tout le monde peut le faire à partir du moment où son état de santé physique et mental est satisfaisant. Toutefois certaines personnes ne peuvent pas et ne doivent pas se faire tatouer et surtout piercer. Ces exceptions concernent les diabétiques, les personnes souffrant de problèmes d’anorexie ou de boulimie, celles qui sont traitées aux corticoïdes et celles qui ont un sida déclaré, leur faiblesse immunitaire rendant la cicatrisation impossible. Le problème ne se pose pas pour une personne séropositive ayant une bonne immunité.

HIS : Existent-ils d’autres facteurs d’exclusion ?

Karoll : L’obésité et les très gros fumeurs. L’âge compte aussi en raison de défenses immunitaires plus faibles, mais c’est un critère très secondaire.

HIS : Comment reconnaître un bon tatoueur / perceur ?

Karoll : Le client doit se renseigner sur l’endroit où il va aller. Pas pour déterminer où ce sera le moins cher, malheureusement c’est souvent le cas ! mais pour voir comment le tatoueur vous accueille, explique comment il va procéder. Si le tatoueur est quelqu’un qui fait du commerce, ce n’est pas bon. Il est là uniquement pour vendre son piercing et non pour réaliser un acte sérieux. L’idéal est de faire le tour des boutiques et de se fier à son feeling pour sentir là où on se sent le plus à l’aise.

HIS : Le feeling, ce n’est pas un critère très objectif...

Karoll : Aujourd’hui, énormément de gens sont percés et tatoués. Il suffit de se renseigner autour de soi, de demander à ses amis où ils se sont fait tatouer ou percer, et comment ça s’est passé. Poser des questions sur la stérilisation du matériel permet d’avoir déjà des critères de sélection.

HIS : Après s’être fait tatoué ou percé, quelles sont les précautions à prendre ?

Karoll : Le plus gros du travail reste à la charge du client. Il doit s’occuper de son piercing ou de son tatouage en respectant une bonne hygiène de vie, que ce soit sur le plan de la propreté ou sur le plan alimentaire. Ne pas le faire risque d’entraîner des complications. Pour le tatouage, c’est beaucoup plus facile que pour le piercing. Souvent nous nous trouvons confrontés à des gens qui n’appliquent pas les soins correctement, qui n’en font pas assez ou qui en font trop. S’ils utilisent trop de produits actifs, ils risquent d’enflammer les piercings.

HIS : Que recommandez-vous ?

Karoll : Nous conseillons à nos clients de revenir nous voir afin d’assurer le suivi. Les gens ont rarement cette démarche de retourner voir leur tatoueur / perceur, ou alors ils ne reviennent qu’après un long moment, en cas de très gros problème. L’erreur à ne pas commettre est d’enlever le piercing. C’est oublier que le bijou sert aussi de drain s’il y a inflammation ou infection. Avant de retirer le piercing, il est nécessaire de comprendre pourquoi ça se passe mal, de soigner et ensuite, éventuellement, d’enlever le bijou.

HIS : Un mineur peut-il se faire tatouer ou percer ?

Karoll : A Art Tattoo Studio, les mineurs doivent présenter une autorisation parentale écrite et être accompagnés de leurs parents. Ceci dit, il peut nous arriver de refuser d’accéder à la demande d’un mineur, même si les parents sont là, même s’ils sont prêts à se rouler par-terre avec leur enfant, dans la mesure où nous pensons que l’adolescent ne doit pas être percé ni tatoué pour des raisons physiologiques ou morphologiques.

HIS : Pourquoi n’a t-on pas pu encore établir une liste de tatoueurs et de perceurs agréés ?

Karoll : Tout simplement parce que nous n’existons pas au niveau de la loi. Pour l’instant, aucun diplôme n’est décerné pour un tatoueur / perceur en formation. Art Tattoo Studio fait partie d’un syndicat, le SNAT, qui fait bouger les choses. Nous demandons qu’une législation, sans être répressive, encadre la profession afin que les services sanitaires viennent par exemple visiter les studios. Cette législation doit être favorable à la profession. Si elle est néfaste, automatiquement, nous redeviendrons clandestins comme ça l’a été pendant longtemps, et nous retomberons dans les accès et les abus.


Entretien réalisé par Alain Miguet pour Hépatites Info Service

*Découvrez le site Internet d’Art Tattoo Studio

ART TATTOO Studio à Toulon Mike et Karoll arttattoo hotmail.com