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Des centres d’injection supervisés bientôt en France ?

Des centres d’injection supervisés bientôt en France ?  - Date de mise à jourMise à jour le : 25/06/2010
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On l’attendait avec impatience. Un pas a été franchi. L’expertise collective INSERM* sur la réduction des risques chez les usagers de drogues confirme la pertinence des centres d’injections supervisés (CIS) pour lutter contre les contaminations par le VIH et le VHC ou réduire la mortalité par overdoses. Un événement pour la France.

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L’INSERM a présenté hier son rapport aux associations oeuvrant dans le champ de la toxicomanie, sans convier la presse. Un « oubli » qu’ANITEA, ASUD, ACT UP, SAFE, GAIA et SOS Hépatites ont réparé en organisant une conférence de presse ce vendredi 25 juin.

Selon Pierre Chappard d’Act Up, les arguments de l’INSERM en faveur des CIS sont multiples : « Les CIS permettent d’atteindre les usagers injecteurs à haut risque, d’assurer une injection plus sûre, de diminuer les comportements à risque, de réduire les risques d’abcès, de réduire les risques d’overdoses mortelles, d’améliorer l’accès aux soins et de réduire la consommation dans les lieux publics et les nuisances associées. »

Ces nombreux atouts des CIS ont tous été relevés dans la littérature internationale, la France étant particulièrement en retard sur cette question…

Dans ses conclusions, l’INSERM prône donc l’ouverture de CIS en France, sous réserve d’études des besoins. Ces études permettraient de prendre en compte l’environnement pour préciser l’offre de service, intégrer les CIS dans un dispositif plus large de services et trouver un consensus entre les acteurs locaux.

A présent, la parole est aux politiques. Il y a urgence car les associations constatent une augmentation des overdoses depuis deux ans ainsi qu’un niveau toujours élevé de contamination par l’hépatite C, en particulier dans les populations les plus précarisées.

La réponse, elle, n’arrivera pas au mieux avant plusieurs semaines.

*INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale)