https://www.hepatites-info-service.org
faire un don

Hépatites et Ramadan 2016

Hépatites et Ramadan 2016 - Date de mise à jourMise à jour le : 6/06/2016
envoyer l'article par mail Partager sur facebook
Diminuer la police Augmenter la police Version imprimable de cet article

Quelques règles à respecter pour les musulman-e-s porteurs/porteuses d’une hépatite qui souhaitent faire le ramadan.

Le ramadan a débuté cette année le 6 juin 2016.

Je suis porteur/porteuse d’une hépatite chronique, puis-je faire le ramadan ?

Le ramadan impose aux croyant-e-s musulman-e-s de ne pas manger, boire, fumer et ne pas avoir de rapports sexuels de l’aube au coucher du soleil. Ce jeûne peut entraîner une fragilisation de l’organisme chez une personne séropositive au VIH avec ou sans traitement.

Le ramadan 2016 a lieu, pour une grande partie, au mois de juin, mois où les journées sont les plus longues de l’année et dans une période de chaleur très importante.

Il est donc important de beaucoup boire pendant la période où il est possible de s’alimenter (entre le coucher du soleil et l’aube).

Evitez aussi de vous exposer au soleil, évitez les activités physiques, les efforts. Habillez-vous légèrement si possible ou au moins avec des tissus « légers ». Douchez-vous plusieurs fois par jours…

Sans traitement

Une personne porteuse d’une hépatite chronique sans traitement peut pratiquer le jeûne dans la mesure e où son état général le permet et si elle prend un repas complet et équilibré avant et après le coucher du soleil. Les apports énergétiques journaliers sont ainsi garantis.

Avec traitement

Chez une personne porteuse d’une hépatite chronique sous traitement la prise d’un traitement n’est pas incompatible avec le ramadan.

Dans tous les cas l’avis du médecin traitant est recommandé, celui-ci pouvant envisager une surveillance pour vérifier que tout va bien.

Comment prendre son traitement pendant le ramadan ?

La prise d’un traitement contre une hépatite chronique n’est pas incompatible avec le ramadan.

Cette année, le délai entre le début du jeûne (fejr, s’hour) et le coucher du soleil, moment de la rupture du jeûne (Maghrib, ftour) est supérieur à 12 heures, aux alentours de 18 h, durant tout le mois du ramadan Ce qui est totalement incompatible avec un traitement en 2 ou 3 prises quotidiennes.

Lorsque vous prenez votre traitement en une fois par jour, le délai à respecter entre 2 prises est de 24 heures. Vous pouvez faire le ramadan si votre condition physique le permet et si vous n’avez pas d’autres maladies (diabète, hypertension artérielle…) qui pourraient s’aggraver avec le jeune. Pour s’adapter aux horaires du ramadan il est nécessaire de décaler la prise quotidienne. Se rapprocher de son médecin ou de Sida Info Service pour faire ce décalage dans de bonnes conditions.

Pour celles et ceux qui prennent leur traitement 2 fois par jour (Rébetol® , Copégus®), le délai entre 2 prises de médicaments devrait être de 12 heures. Vous ne pouvez pas faire le ramadan car la période pendant laquelle vous pouvez prendre vos médicament (entre le ftour et le s’hour) est de 6 heures seulement.

- Pour les traitements à prendre une fois par semaine (interféron) le ramadan n’interfère pas dans le schéma de prise habituelle.

Une question délicate est celle de la nécessité de prendre certains médicaments avec le repas ou au contraire de les prendre à jeun. Ces molécules n’ont aucune efficacité ou au mieux une efficacité réduite si ces recommandations ne sont pas respectées.

Soyez vigilants à cette consigne si vous êtes dans cette situation.

En ce qui concerne Baraclude®, chez certain-e-s patient-e-s porteurs/porteuses d’une hépatite B chronique, la prise doit se faire à jeun (plus de 2 heures avant ou plus de 2 heures après un repas), ce qui peut s’avérer un peu difficile pendant le ramadan.

Petits conseils relatifs à la prise de Baraclude ® :

- Les prendre 2 heures après le repas du ftour et ne pas remanger pendant 2 heures

- Ou les prendre 2 heures avant le repas du s’hour si aucun aliment n’a été consommé dans les 2 heures précédentes.

Et si on ne peut pas faire le jeûne pour raison médicale ?

Le jeûne n’est pas une obligation quand il met en jeu le pronostic vital. Le Coran prévoit les cas de maladies et les différencie en deux catégories :

- maladie aiguë, le/la croyant-e ne fait pas le ramadan pendant la période de la maladie et « rattrape » les jours non faits en dehors du ramadan.

- maladie chronique, le/la croyant-e est « dispensé-e » de manière définitive du ramadan. Dans ce cas, il lui est recommandé de « nourrir » un pauvre sous forme d’aumône s s’il/elle en a les moyens.

Ceux/celles qui n’ont pas de moyens financiers suffisants sont dispensées de cette aumône. La valeur de cette aumône correspondant au prix d’un repas et est fixée chaque année par les autorités religieuses musulmanes en fonction du coût de la vie. Pour en connaître la valeur se rapprocher d’une mosquée.

Docteur Radia Djebbar,

coordinatrice scientifique à Hépatites Info Service/SIS Association