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"Je fais ma piqûre d’Interféron le mercredi soir juste avant d’aller me coucher"

Mise à jour le : 4/09/2006
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Questions à Ivan*, 30 ans, coïnfecté VHC-VIH.

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Hépatites Info Service (HIS) : Quand et comment avez-vous appris votre contamination ?

Ivan : J’ai appris cette contamination il y a deux ans à la suite d’un test de dépistage. J’ai fait ce test parce que l’ami que je fréquentais depuis un an a subitement disparu. Je ne l’ai pas vu pendant six mois et puis un jour il est réapparu. Il avait beaucoup changé, beaucoup maigri. Il a fini par me dire qu’il était séropositif. Alors je me suis dit qu’il était temps pour moi de faire un test.

HIS : Comment avez-vous vous vécu l’annonce de cette coïnfection ?

Ivan : J’ai été un peu perturbé au début. Il m’a fallu un temps de réflexion. Depuis ça va, j’assume. De toute façon, je suis quelqu’un de très souriant, j’adore la vie et je garde bon moral.

HIS : La prise en charge s’est-elle bien déroulée ?

Ivan : Tout s’est fait en l’espace de trois semaines. Le centre de dépistage m’a adressé à l’hôpital Tenon à Paris pour effectuer toute une série d’examens. Il a fallu juste un peu de temps pour connaître mon génotype. Finalement c’est le génotype 1, l’un des plus difficiles à traiter. J’ai fait aussi un FibroTest, un examen qui permet de connaître l’état de fibrose du foie. J’ai dit au médecin que je préférais le FibroTest à la biopsie parce que je ne voulais pas rester à l’hôpital et perdre une journée de travail. Et puis c’est beaucoup plus simple que la biopsie pour un résultat identique. Il suffit de faire une prise de sang. Je savais que ça allait me coûter 50 euros et que ce n’était pas remboursé, mais j’ai préféré cette solution.

HIS : Comment ça se passe du point de vue du VIH ?

Ivan : Je n’ai aucun problème pour le moment. C’est la raison pour laquelle mon médecin m’a proposé de prendre un traitement d’un an Interféron / Ribavirine pour essayer de me débarrasser du virus de l’hépatite C. J’ai commencé en janvier dernier.

HIS : Les internautes qui nous écrivent parlent souvent d’effets indésirables dus au traitement : fatigue, perte de poids, insomnie... Comment vivez-vous cette période ?

Ivan : Au début, j’ai eu un peu mal à la tête, et c’est tout. Je n’ai jamais eu de gros problèmes sauf une petite perte de cheveux. Mon médecin m’a adressé à un dermatologue et mes cheveux ont repoussé.

HIS : Quel jour de la semaine faite-vous la piqûre d’Interféron ?

Ivan : Je la fais en milieu de semaine le mercredi soir juste avant d’aller me coucher. C’est mieux que de le faire le matin avant de partir au travail.

HIS : Les personnes qui contactent Hépatites Info Service demandent parfois ce qu’ils doivent faire vis-à-vis de leur employeur et de leurs collègues. Doivent-ils parler ou ne pas parler de leur pathologie ? Vous-même, qu’avez-vous fait ?

Ivan : Je ne les ai pas informés. Je voulais d’abord voir comment ça allait se passer au bout d’un ou deux mois de traitement, puis je me suis rendu compte que je réagissais bien, alors j’ai décidé de ne rien dire.

HIS : Avez-vous modifié votre façon de vivre au quotidien ?

Ivan : Je fais du sport deux ou trois fois par semaine. Faire des exercices permet de se sentir bien et de garder bon moral. Si j’ai un peu mal au dos, ce qui arrive de temps en temps, je fais quelques exercices déterminés par mon conseiller sportif, et ces douleurs disparaissent. Sinon je n’ai rien changé à mon régime alimentaire. A part quelques vitamines, je mange comme d’habitude.

HIS : Quand vous avez appris votre contamination, avez-vous utilisé des services téléphoniques de soutien comme la ligne Hépatites Info Service ?

Ivan : La personne avec qui je vis en colocation ignore tout de mon état de santé. Il est donc impossible de téléphoner devant elle et d’évoquer avec un écoutant des problèmes très personnels. Or quand j’ai appris ma contamination, je me suis posé plein de questions. J’avais besoin d’information. Ce n’est pas possible de poser toutes les questions à son médecin. Il n’a pas le temps. Pour les réponses, je me suis tourné vers Internet pour trouver des sites spécialisés et j’ai découvert celui d’Hépatites Info Service. C’est pratique car je peux prendre mon temps, rechercher des éléments de réponses quand je veux à midi ou à deux heures du matin.

HIS : Vous n’avez pas contacté d’associations ?

Ivan : Je ne l’ai pas fait parce que je préfère lire plutôt que parler. C’est très personnel. Je trouve important d’approfondir des connaissances grâce à Internet avant de rencontrer éventuellement des associations et leur poser des questions précises.

HIS : Qu’est-ce qui vous a le plus aidé ?

Ivan : Quand j’ai commencé mon traitement, ce qui m’a vraiment donné du courage, c’est de lire le témoignage d’une dame coïnfectée comme moi disant que pour elle il n’y avait pas eu de difficultés particulières. Ce genre de témoignage m’a vraiment aidé à bien démarrer et surtout à garder le moral.

*Ivan est un pseudonyme, notre témoin ayant préféré garder l’anonymat.


Entretien réalisé par Alain Miguet pour Hépatites Info Service