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L’ANRS inaugure un site de recherche en Egypte

L’ANRS inaugure un site de recherche en Egypte  - Date de mise à jourMise à jour le : 11/06/2007
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Mobilisation des chercheurs français et égyptiens contre l’hépatite C

La recherche dans les pays du Sud est une priorité pour l’ANRS* qui y consacre 23, 5 % de son budget. Le site Egypte, inauguré le 2 Juin 2007 au Caire, s’intègre dans un réseau international de sites ANRS situés en Afrique (Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina Faso, Cameroun), en Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge) et au Brésil.

« Le site Egypte est le premier que nous créons autour des hépatites virales, explique le Pr Jean-François Delfraissy (photo), directeur de l’ANRS. Il répond à une volonté politique forte des gouvernements français et égyptien d’amplifier la collaboration afin de lutter efficacement contre la maladie ».

L’égypte, une des plus grandes endémies au monde

L’OMS** estime à 170 millions le nombre de personnes infectées par le virus de l’hépatite C dans le monde et à 3 à 4 millions le nombre de nouveaux cas déclarés chaque année. A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin contre l’hépatite C.

L’Egypte est le pays où la prévalence Prévalence Nombre de cas déclarés d’une maladie ou d’un trouble (cas nouveaux et cas déjà déclarés) divisé par la population totale, sur une période donnée ou à un moment défini. de l’infection par le VHC est une des plus élevées au monde, touchant 10 % de la population tous âges confondus et atteignant jusqu’à 45 % chez les plus de 40 ans en zone rurale. Le génotype 4 est le plus souvent rencontré en Egypte (95 %). L’origine de l’épidémie d’hépatite C en Egypte est attribuée aux campagnes nationales de traitement de masse d’une maladie parasitaire endémique : la bilharziose.

Dans les régions du Delta du Nil et de la Haute Egypte, près de 7 millions d’égyptiens ont reçu, à partir des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980, un traitement de 12 à 16 injections par voie intraveineuse. L’utilisation de matériel réutilisable associée à des procédures de stérilisation insuffisantes ont contribué à la propagation du virus dans la population.

Aujourd’hui encore, l’épidémie continue avec de nouvelles infections. Il est estimé que les complications de l’hépatite C sont responsables de près de 18 000 morts par an en Egypte soit environ 60 % des cas de mortalité due à une maladie du foie (30 000-34 000 par an).

Les collaborations entre chercheurs égyptiens et français remontent à la fin des années 1990. Cette coopération a été soutenue par l’ANRS dès 2001. Six programmes de recherche ont été soutenus par l’ANRS jusqu’à ce jour. Ils ont eu pour objectif d’estimer la prévalence de l’infection, identifier les facteurs de risque d’infection et évaluer leur rôle dans la persistance de l’épidémie, comprendre les mécanismes d’échappement du virus au système immunitaire, et contribuer à l’amélioration de la prévention et de la prise en charge du patient.

*Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales B et C

**Organisation mondiale de la santé