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La femme à l’hépatite

La femme à l’hépatite - Date de mise à jourMise à jour le : 10/03/2010
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Colloque Foie et VIH - Corevih Ile-de-France - Centre - mardi 9 février 2010

Des chiffres, des courbes, des tableaux, et une intervention en anglais non traduite. Celles et ceux qui, simples profanes du VIH et des hépatites, ont assisté au colloque « Foie et VIH » organisé mardi 9 mars 2010 à Paris par le Corevih Ile-de-France Centre, ont dû s’accrocher pour comprendre les propos de médecins tenus par des médecins dont on pouvait croire qu’ils ne s’adressaient qu’à des médecins.

Aucun représentant des malades et des usagers du système de santé n’apparaissait à la tribune pour apporter un peu de cette humanité toujours absente du discours technico-médical même si celui-ci, bien sûr, à un moment donné, s’avère nécessaire. Les interventions se sont succédé autour de thèmes érudits comme l’hyperplasie nodulaire régénérative ou l’insulinorésistance et VIH.

Tout à coup, j’ai trouvé une miette de réconfort en entendant le professeur Christine Katlama, présidente du Corevih et médecin spécialiste du VIH à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, reconnaître quelques limites dans sa compréhension de certains phénomènes décrits. Mais un soupçon d’humour perçu dans sa voix ne m’a pas laissé dupe de cette « ignorance » …

Patients naïfs

A une pause-café, une femme vient m’entretenir des effets secondaires de son traitement contre l’hépatite C, effets secondaires dont on entendra peu parler à la tribune au cours de cette journée mais que les écoutant(e)s d’Hépatites Info Service connaissent bien pour en entendre la douloureuse litanie au téléphone : fatigue, irritabilité, dépression, perte de cheveux, amaigrissement...

Cette femme énergique évoque aussi sa révolte contre la baisse des mises sous traitement en 2008 pour les patients naïfs, phénomène qui se serait poursuivi en 2009. Je lui demande bien sûr pourquoi. Sa réponse est directe : « Parce que les médecins attendent les nouvelles molécules ! En attendant, des gens qui devraient être traités ne le sont pas. »

Les nouvelles molécules. Ces fameuses nouvelles molécules dont les experts annoncent régulièrement l’arrivée et qui colloques après colloques, rencontres internationales après rencontres internationales, semblent s’éloigner toujours un peu plus. Ca doit faire 5 ans qu’on en parle, sans résultat. Mais aujourd’hui, c’est sûr ! Un expert l’affirme : « Les nouvelles molécules seront sur le marché en 2011/2012. » Et il s’empresse d’ajouter qu’elles ne concerneront que les personnes naïves de traitement mono-infectées. Pour les autres, celles qui cumulent VIH et hépatite C, la patience devra encore être de rigueur. Le discours pourrait s’arrêter là. Eh bien non ! Le professeur Gilles Pialoux, invité à clore cette journée du Corevih Ile-de-France - Centre, profite de son temps de parole pour dénoncer un scandale : celui de ces médecins qui proposent à leurs patients d’attendre les nouvelles molécules pour les traiter. « Il ne faut pas attendre, assène-t-il, il ne faut pas ! » Le message est clair. Il aura peut-être réconforté la femme à l’hépatite assise au fond de la salle.

***

En bref

Dépistage VHC

Docteur Philippe Bonnard (Hôpital tenon) : En 2009, la file active du Corevih Ile-de-France - Centre comprenait 10113 patients. 90 % d’entre eux étaient sous traitement anti-VIH et 79 % avaient une charge indétectable. « Nos patients vont plutôt bien. » En revanche, Philippe Bonnard regrette l’ancienneté des dépistages pour le VHC chez les patients coïnfectés : 22 % n’en avaient pas fait depuis plus de 3 ans et 10 % depuis plus de 5 ans. « Il faut re-dépister régulièrement. », conclut-il. Mais à quelle fréquence ? Tous les ans ? Tous les 3 ans ? A la moindre alerte ? En présence d’IST ? Le professeur Katlama rappelle qu’une hépatite C détectée précocement permet d’engager un traitement sans attendre et d’offrir de grandes chances de guérison.

Nouvelles molécules anti-VHC

Docteur Yves Benhamou (Pitié-Salepêtrière) : Les nouvelles molécules dont on annonce l’arrivée depuis déjà plusieurs années accroîtraient beaucoup les chances de guérison de l’hépatite C. Après un mois de traitement, 80 % des personnes traitées seraient déjà indétectables. Ces nouvelles molécules arriveront sur le marché en 2011/2012 pour les mono-infectés. Pour les coïnfectés VIH/VHC, les essais viennent de débuter.

Hépatite E

Professeur Jacques Yzopet (CHU Toulouse) : Seule une soixantaine de cas d’hépatite E ont été répertoriés en trois/quatre ans dans la région Midi-Pyrénées. Si 2 cas sont importés, les autres sont autochtones. Le réservoir animal (porcs, sangliers, cervidés et peut-être rongeurs) favorise la transmission du VHE à l’homme. Pour 60 % des immunodéprimés, l’hépatite E devient chronique. Chez ces personnes, la progression vers la cirrhose est assez rapide.

Alain Miguet pour Hépatites Info Service

 

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