https://www.hepatites-info-service.org
faire un don
Rencontres de Biarritz

« La molécule anti-protéase la plus étudiée est le Telaprevir »

Les nouveaux traitements en 2010 contre l’hépatite C
« La molécule anti-protéase la plus étudiée est le Telaprevir »  - Date de mise à jourMise à jour le : 19/10/2009
envoyer l'article par mail Partager sur facebook
Diminuer la police Augmenter la police Version imprimable de cet article

Le colloque international « Toxicomanies, Hépatites, Sida » s’est déroulé à Biarritz du 13 au 16 octobre 2009. Sandra J-Samson y a assisté pour Hépatites Info Service.

***

À ce jour, le traitement de l’hépatite C repose sur l’association de l’Interféron et la ribavirine. Pour les malades de génotype 1 ou 4, une réponse virologique prolongée (la « guérison » de l’infection) est obtenue dans 40 à 50 % des cas après un traitement de 48 semaines alors qu’elle est obtenue dans plus de 80 % des cas et en 24 semaines chez les malades de génotype 2 ou 3.

Les effets secondaires de ce traitement sont nombreux (irritabilité, dépression, troubles du sommeil, asthénie…) et contraignent parfois le malade à arrêter plus précocement son traitement.

Les malades de génotype 1 étant les plus difficiles à guérir, les nouvelles molécules sont évaluées chez eux. Ces molécules sont des inhibiteurs de protéase ou de polymérase, classées sous le terme général de « STAT-C » (Specifically Targeted Antiviral for HCV). Elles ne sont pas efficaces seules, mais doivent être associées à la bithérapie actuelle. Il n’est pas question d’un traitement plus léger. Il est même assez contraignant puisque la prise du médicament se fera toutes les 8 heures.

Etudes de phase 3 pour le Télaprevir

La molécule anti-protéase la plus étudiée est le Telaprevir : 67 % des malades de génotypes 1 ont eu une bonne réponse en 24 semaines. La trithérapie a donc permis l’éradication virale prolongée chez plus de 2 malades sur 3. L’espoir est de réduire la durée du traitement, mais les gros problèmes sont les effets secondaires importants. Par exemple, il y a possibilité de rashs sévères chez 10 % des patients qui devront arrêter leur traitement. L’anémie et la dépression sont également importantes. Les études de phase 3 sont en cours.

Une autre molécule a montré une excellente efficacité : le Boceprevir qui, en trithérapie, obtient aussi de très bons résultats (74 % des malades de génotype 1). Cette molécule a également des effets secondaires importants (rash, prurit, nausée, anémie, dépression…).

Les molécules de type anti-polymérase sont moins développées alors que le vaccin anti-VHC est toujours hors jeu. Un autre problème est qu’il n’y a aucun essai sur les co-infections VHC et VIH.

Traitements à la carte

Il ne faut surtout pas attendre les toutes nouvelles molécules : il est important de commencer un traitement dès que possible. Ces nouveaux traitements ne sont pas sans danger : un patient du docteur Victor de Ledinghen, du CHU de Bordeaux, a failli mourir : il s’est retrouvé en réanimation durant trois semaines suite à un traitement avec le Telaprevir.

Il est important d’obtenir des traitements à la carte. Les alcooliques ne doivent plus être radiés et la consommation d’alcool ne doit plus être un frein à la prise en charge. Il en va de même pour la surcharge pondérale, le tabac et le cannabis. D’ailleurs, il est rappelé que le cannabis a aussi des effets bénéfiques pendant le traitement sur les effets secondaires.

Chaque effet secondaire doit être reconnu et pris en charge (95 % des patients sous bithérapie ont de l’irritabilité). L’intérêt est aussi de pouvoir ainsi maintenir la bonne dose de ribavirine et d’Interféron.

Le nouvel Interféron va également arriver : l’injection se fera tous les 15 jours. Il faudra voir si c’est mieux que toutes les semaines.

Pour HIS,

Sandra J-Samson

ADALIS (Addictions, Drogues, Alcool Info Service)

Le site des Rencontres de Biarritz

Prochain article : « Reconnaître les usagers de drogue comme des citoyens à part entière »

"Les Rencontres de Biarritz" sont également sur Sida Info Service