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Questions à Jean-Louis Boujenah, médecin, membre de l’ANGREHC (Association nationale des généralistes pour la réflexion et l’étude de l’hépatite C)

5. Questions à Jean-Louis Boujenah, médecin, membre de l’ANGREHC (Association nationale des généralistes pour la réflexion et l’étude de l’hépatite C) - Date de mise à jourMise à jour le : 4/10/2006
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Hépatites Info Service (HIS) : Vous défendez le concept de « compagnonnage » pour les patients porteurs de l’hépatite C chronique. Pouvez-vous vous expliquer ?

Jean-Louis Boujenah (JLB) : J’aime bien ce mot qui signifie une espèce d’échange, presque de fraternité entre des professionnels de santé qui ne font pas tout à fait le même travail, qui n’ont pas tout à fait la même fonction mais qui ont un objectif commun : aider le malade. Dans le cas de l’hépatite C, je trouve que c’est exactement ce que le patient recherche, à savoir une prise en charge multidisciplinaire impliquant aussi bien des spécialistes de spécialités différentes que le généraliste, les infirmières ou les biologistes. Le compagnonnage, c’est cette espèce de regroupement amical de toutes ces spécialités.

HIS : S’adresse-t-il à toutes les personnes contaminées par une hépatite ?

JLB : Oui même si je pense d’abord aux toxicomanes puisqu’il s’agit de la population la plus touchée par l’hépatite C. Cette population est un petit peu plus difficile à prendre en charge qu’une autre parce qu’on y trouve des gens en plus grande précarité. Un toxicomane a besoin d’une prise en charge plus élaborée que pour une personne bénéficiant de l’entourage de sa famille voire de ses collègues de travail. Le simple fait d’avoir un travail et un logement change tout.

HIS : Vous souhaitez la mise en place de mini réseaux de proximité pour aider les patients porteurs d’une hépatite C à mieux gérer leur maladie. Qu’est-ce que cela recouvre ?

JLB : En France, un patient a le libre choix de son médecin, de son spécialiste ou de son pharmacien. C’est donc lui qui déclenchera le mini réseau qui le prendra en charge. Une fois que le patient aura fait un choix, son généraliste par exemple, celui-ci déclenchera la mise en place du mini réseau, géré par ce qu’on appelle un centre de ressources, et qui regroupera des spécialistes, des infirmières, des biologistes. Par ailleurs, un coursier social servira de lien entre tous ces professionnels de santé et le patient, l’accompagnera faire des examens s’il n’est pas capable d’y aller tout seul, organisera éventuellement des réunions avec les membres du réseau autour du cas du patient. Des psychologues, payés par le mini réseau, seront formés sur la prise en charge de l’hépatite C.

HIS : Ce type de réseau n’existe-il pas déjà sous une forme différente ?

JLB : Non car il ne s’agira pas des réseaux où tout est prédéfini. Les mini réseaux se constitueront au cas par cas. Si un hépatologue choisi par le patient ne fait pas partie du mini réseau, il y entrera de fait. Nous expérimentons la faisabilité de ce projet depuis un an dans quelques villes de France. Nous sommes au tout début. Si ça marche, les mini réseaux pourront concerner toutes les maladies, pas seulement l’hépatite C.


Entretien réalisé par Alain Miguet pour Hépatites Info Service