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Réduction des risques : la MILDT réfléchit

Réduction des risques : la MILDT réfléchit - Date de mise à jourMise à jour le : 27/11/2012
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Durant 5 ans, l’association Elus Locaux contre le Sida (ELCS) a invité le président de la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie) à ses Etats Généraux. Peine perdue, personne n’est venu « ni même n’a donné signe de vie par retour de mail », comme l’a souligné Jean-Luc Romero, président d’ELCS.

Cette fois, à l’occasion des 17èmes Etats Généraux d’ELCS qui se sont déroulés lundi 26 novembre à Paris, la nouvelle présidente de la MILDT, Danièle Jourdain Menninger, nommée en septembre dernier, a accepté l’invitation.

Le dialogue a donc été rétabli avec les élus mais l’intervention de madame Jourdain Menninger laisse planer un doute sur des actions rapides de la MILDT en matière de réduction des risques. En particulier sur le fameux sujet des salles de consommation de drogues à moindre risque, que les opposants appellent « salles de shoot » pour mieux les dénigrer.

La présidente de la MILDT a déclaré qu’un travail exploratoire allait s’engager avec les nombreux acteurs concernés (Agences Régionales de Santé, élus, associations d’usagers, riverains…) et qu’une analyse des expériences étrangères existantes aurait lieu. On peut comprendre qu’une nouvelle équipe veuille se donner un peu de temps après 5 ans d’inaction. Cependant les résultats des expériences étrangères sont largement connus et des villes françaises comme Marseille, Paris, Le Havre ou Bordeaux, se disent prêtes à ouvrir des salles de consommation à moindre risque - justement sur la base de ces expériences étrangères. En termes de santé publique, l’enjeu est énorme car il s’agit de lutter contre le VIH, les hépatites, la désocialisation, l’exclusion du système de soins…

De nombreux acteurs de terrain et des élus favorables à la mise en place des salles de consommation de drogues à moindre risque s’inquiètent du calendrier. Beaucoup estiment que la fenêtre de tir est limitée aux quelques mois qui nous séparent du printemps 2013. Ensuite une nouvelle campagne électorale s’ouvrira pour les municipales de 2014, ce qui risque de geler toute initiative. A moins que d’un côté ou de l’autre, la MILDT ou les élus locaux, on décide de s’engager pour la santé des usagers.

Alain Miguet pour Hépatites Info Service

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