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Hépatites virales B et C : état des lieux et programme d’actions

Hépatites virales B et C : état des lieux et programme d’actions - Date de mise à jourMise à jour le : 20/11/2006
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Le ministère de la Santé et des Solidarités, Direction générale de la santé, a organisé jeudi 16 novembre 2006 un colloque sur le thème des hépatites virales B et C afin de dresser un état des lieux et proposer un programme d’actions.

Tendances actuelles des hépatites B et C en France

Le total des porteurs chroniques VHC et VHB est évalué à 510 000 personnes : 230 000 pour l’hépatite C et 280 000 pour l’hépatite B. Les usagers de drogue par voie intraveineuse (UDVI) restent la population la plus touchée. Chaque année, les hépatites virales B et C sont responsables de près de 4.000 décès.

Les usagers de drogue : groupe à risque pour l’hépatite C

L’enquête ANRS « Coquelicot » réalisée en 2005 a permis de définir un profil des usagers de drogue. Sur 1 462 personnes interrogées, 74 % étaient des hommes. Âgés d’environ 35 ans, ils étaient 65 % à être sans emploi et 55 % vivaient seuls. Depuis l’âge de 18 ans, 73 % avaient dormi au moins une fois dans la rue. Au moment de l’enquête, 55 % n’avaient pas de logement stable. Pour 83 % d’entre eux, l’injection a été réalisée par un tiers lors de l’initiation, événement survenu en moyenne à 20, 4 ans. 61 % avaient un antécédent d’incarcération.

Le statut sérologique

59, 8 % étaient séropositifs pour l’hépatite C, 10, 8 % pour le VIH et 10, 2 % étaient coïnfectés VHC / VIH. Beaucoup ont été contaminés par l’hépatite C avant 30 ans, souvent à l’occasion de la première injection.

Le suivi

79 % des usagers de drogue séropositifs au VIH étaient suivis, à savoir qu’ils avaient vu un spécialiste au cours des douze derniers mois précédant l’enquête, contre 44 % des séropositifs au VHC. 71 % étaient sous traitement de substitution aux opiacés, dont 57 % sous Subutex et 36 % sous méthadone.

La connaissance du risque

Elle est faible puisque dans le mois précédent l’enquête, 13 % avaient partagé leur seringue et 38 % le « petit matériel » (cuiller, coton…). En ce qui concerne les autres produits, 81 % ont partagé la pipe à crack et 25 % la paille de sniff.

Conclusion

Au cours des 10 dernières années, le nombre de contaminations par le virus du sida a considérablement baissé chez les usagers de drogue contrairement à ce qui s’est passé pour le VHC. Pour expliquer ce phénomène, les hypothèses sont les suivantes :

- La transmissibilité du VIH est beaucoup plus importante que pour le VIH,
- La contamination par le VHC intervient dès l’initiation aux pratiques de drogue par voie intraveineuse.

En conséquence, plusieurs actions sont recommandées :

- Informer sur les riques liés au « petit matériel »,
- Informer sur les risques liés au partage de la pipe à crack et de la paille,
- Développer une information spécifique pour les jeunes UDVI.