le vaccin contre l’hépatite B

L’infection par le virus de l’hépatite B est un problème de santé publique majeur. En effet, l’hépatite B est souvent associée à des complications cliniques importantes, pouvant évoluer rapidement jusqu’au stade de cirrhose et au développement d’un cancer du foie. Dans la majorité des cas, le traitement doit être pris à vie car la guérison survient dans de rares cas.

La vaccination contre le virus de l’hépatite B empêche la contamination. C’est le moyen de protection le plus efficace. Elle nécessite plusieurs injections, modalités décrites plus bas et protège également d’une contamination par le VHD.

Il existe plusieurs marques de vaccins. Il est possible de débuter le schéma vaccinal par un vaccin d’une marque et de changer de marque pour les injections suivantes.

Qui vacciner ?

En France le risque d’infection est très faible durant l’enfance.

Ce sont les adolescents et surtout les jeunes adultes qui sont les plus exposés au risque de contamination par le virus de l’hépatite B (relations sexuelles non protégées par un préservatif, usage de drogues par voie intraveineuse, voyage dans les pays à risque.). Il est important que les enfants soient vaccinés avant l’âge d’apparition du risque, c’est-à-dire avant 16 ans. Faire vacciner les enfants quand ils sont petits, permet de les protéger plus tard, lorsqu’ils rencontreront le virus.

Quelles sont les indications de la vaccination ?

En France, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour tous les nourrissons nés à compter du 1er janvier 2018, dès l’âge de 2 mois.
La vaccination est aussi recommandée, en rattrapage, chez tous les enfants ou adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus, non antérieurement vaccinés.

À partir de 16 ans, la vaccination est recommandée aux personnes exposées à un risque d’infection par le virus de l’hépatite B :

Groupes(adultes) à haut risque d’être contaminés par le VHB :

  • Personnel des établissements de soins et de prévention en contact avec les malades, le sang et autres produits biologiques (y compris les personnels manipulant les déchets de soins et le linge),
  • Professionnels de santé libéraux, pompiers, secouristes, gardiens de prisons, éboueurs, égoutiers, policiers,
  • Patients susceptibles de recevoir des transfusions massives et/ou fréquentes (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux, candidats à une greffe d’organe, etc.),
  • Entourage d’un sujet infecté ou porteur chronique du VHB,
  • Partenaire(s) sexuel(s) d’un sujet infecté,
  • Toxicomanes utilisant des drogues par voie intraveineuse ou intra-nasale,
  • Personnes ayant des partenaires sexuel(le)s multiples,
  • Voyageurs amenés à résider en pays de forte endémie,
  • Adultes accueillis dans les institutions psychiatriques,
  • Personnes adeptes du tatouage avec effraction cutanée ou du piercing (à l’exception du perçage d’oreille).

Nourrisson et enfant considérés à haut risque :

  • nouveau-nés de mère atteintes du VHB,
  • enfants accueillis dans les institutions psychiatriques,
  • enfants accueillis dans les services et institutions pour l’enfance et la jeunesse handicapées,
  • enfants d’âge préscolaire accueillis en collectivité.

Indications spécifiques à certaines activités professionnelles ou bénévoles :

  • La vaccination contre l’hépatite B est obligatoire si la personne n’est pas immunisée,
  • pour les personnes exerçant une activité professionnelle les exposant à des risques de contamination,
  • pour les élèves ou étudiants se préparant à l’exercice de certaines professions de santé. Sont concernés : médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers, kinésithérapeutes, pédicures-podologues, manipulateurs d’électroradiologie, aides-soignants, ambulanciers, auxiliaires de puériculture, techniciens en analyses biomédicales et assistants dentaires,
  • Elle est également obligatoire pour les thanatopracteurs (métier qui consiste à prodiguer des soins de conservation aux défunts).
  • Elle est recommandée pour les personnes qui, dans le cadre d’activité professionnelles ou bénévoles, sont susceptibles d’être en contact direct avec des patients et/ou d’être exposées au sang et autres produits biologiques, soit directement (contact direct, projections), soit indirectement (manipulation et transport de dispositifs médicaux, de prélèvements biologiques, de linge, de déchets). Il s’agit notamment des secouristes, des gardiens de prison, des éboueurs, des égoutiers, des policiers, des tatoueurs, etc.
Schéma de vaccination (classique)
  • Nourrissons : 3 doses à l’âge de 2 mois, 4 mois et 11 mois.

Chez les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018, la vaccination contre la l’hépatite B est obligatoire. L’utilisation d’un vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, les infections à Haemophilus influenzae b et l’hépatite B permet d’immuniser simultanément le nourrisson contre toutes ces maladies.

  • Cas particuliers :

Nouveau-nés de mère ayant une hépatite B chronique : 3 doses. 1 dose à la naissance associée à l’administration d’immunoglobulines spécifiques, puis à 1 mois et 6 mois.
Prématurés de moins de 32 semaines ou de moins de 2 kg : 4 doses. 1 à la naissance, puis à 1 mois, 2 mois et 6 mois.
Nourrissons nés à Mayotte ou en Guyane : 3 doses. 1 dose à la naissance, à 2 mois puis à 11 mois.

  • Adultes, adolescents et enfants : 2 schémas possibles :

3 doses, administrées en respectant un intervalle d’au moins un mois entre la 1re et la 2e dose ; d’au moins six mois entre la 2e et la 3e dose.
2 doses avec un intervalle de six mois entre les 2 doses. Ce schéma en 2 doses n’est utilisé que lorsque le risque d’infection par le virus de l’hépatite B est relativement faible pendant la période de vaccination et lorsque l’administration de ces 2 doses est assurée.

Schéma de vaccination (accéléré)

Chez l’adulte, dans les situations où une protection vaccinale doit être obtenue rapidement (chez les personnes détenues ou en situation de départ imminent dans une zone où l’infection est fréquente, ou encore pour l’entrée dans certaines professions de santé), on peut utiliser un schéma de vaccination accéléré de 3 doses en 21 jours :

1 dose à J0, 1 dose à J10 et 1 dose à J21,
avec une 4ème dose indispensable à M12 pour la protection à long terme.

Vaccins disponibles

Vaccin contre l’hépatite B uniquement : Engérix B®, HBVaxpro®
Vaccin contre hépatite B et hépatite A : Twinrix ® 20µg
Vaccin contre l’hépatite B, la coqueluche, la poliomyélite, l’haemophilus : Infanrix Hexa®

Il est possible de débuter le schéma vaccinal par un vaccin d’une marque et de changer de marque pour les injections suivantes sauf pour le schéma de vaccination accélérée où seul l’Engérix B peut être utilisé.

Efficacité du vaccin

Le vaccin contre l’hépatite B est efficace dans 95% des cas. La protection est de très longue durée, probablement à vie.

La capacité du vaccin à réduire le nombre de cas d’hépatite B et ses complications, en particulier les cancers du foie, a été démontrée dans les pays touchés par la maladie où le nombre de cas à très nettement diminué.

Concernant les principales contre-indications :

allergie aux substances actives, à l’un des autres composants,
la vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre,
la présence d’une infection mineure n’est cependant pas une contre-indication à la vaccination.

Concernant les effets indésirables, ils sont communs à tous les vaccins injectables : réaction au site d'injection telle que rougeur, gonflement et douleur. Les réactions allergiques sont très rares (1 cas sur 450 000 personnes vaccinées).

 

Vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques

La suspicion d’un lien entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B (VHB) et la sclérose en plaques (SEP) date du milieu des années 1990.

De nombreuses études ont été réalisées entre 1996 et 2004 afin de s’assurer que cette vaccination n’augmentait pas le risque de sclérose en plaques ou d’autres maladies auto-immunes.

Les études menées n’ont pas confirmé le lien de causalité entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B et des effets indésirables graves, que ce soit des atteintes neurologiques de type sclérose en plaques, ou d’autres maladies auto-immunes.

Sources : Ministère des Affaires sociales et de la Santé, Calendrier vaccinal 2018,  Le vaccin contre l’hépatite B