Évolution de l’hépatite B

On distingue 2 phases de la maladie :

1) l’hépatite aiguë

Pour une infection évoluant depuis moins de 6 mois, elle passe souvent inaperçue, seules 40 % des infections aiguës par le VHB s’accompagnent de symptômes : fatigue, perte de l’appétit, douleurs abdominales, nausées et vomissements, syndrome grippal (fièvre et courbatures). Plus rarement, ces symptômes peuvent s’associer à une jaunisse (ou « ictère » en terme médical), et une coloration foncée des urines.

L'hépatite aigüe guérit spontanément en quelques semaines dans 90 % des cas chez l’adulte, et les éventuels symptômes vont disparaître progressivement. Dans cette situation, la maladie disparaît donc sans traitement et c’est à l’occasion d’une analyse de sang, que l’on apprend que l’on a été un jour infecté.

Exceptionnellement (moins de 1 % des cas), la maladie s'aggrave rapidement (hépatite aigüe fulminante). Cela peut conduire à des troubles de la conscience, puis au coma. L’évolution, en l’absence d’une transplantation hépatique, est mortelle dans 90 % des cas en quelques jours, voire en quelques heures.

2) l’hépatite chronique

L’hépatite B chronique est définie par la persistance de l’antigène HBs plus de six mois après la contamination. Ces formes chroniques peuvent évoluer vers une fibrose ou une cirrhose.

Cela signifie qu’après la phase de contamination et d’infection aiguë, l’organisme n’a pas réussi à éliminer le virus. Le pourcentage de passage à la phase chronique Le passage à la chronicité dépend de l’âge au moment de la contamination :

10 % des cas chez l’adulte immunocompétent,
30 à 40 % chez l’enfant de moins de 4 ans,
jusqu’à 90 % chez le nouveau-né, né de mère infectée par le VHB, en l’absence de sérovaccination dans les 24 heures suivant sa naissance,
30 à 100 % des sujets immunodéprimés.

L’infection chronique par le VHB peut être plus ou moins active, allant du simple portage inactif de l’Ag HBs (le virus est dans le foie mais n’entraîne pas de lésions) à une hépatite chronique active (réaction inflammatoire au niveau du foie) responsable de fibrose (formation de cicatrices, l'organe sain est peu à peu remplacé par un tissu malade qui ne fonctionne plus), pouvant conduire à une cirrhose, stade le plus grave de la fibrose, et au cancer.

Plusieurs facteurs peuvent aggraver la fibrose avec évolution vers la cirrhose et le cancer du foie :

la consommation d’alcool (vin, bière, cidre, alcool fort, vin doux, etc.),
le tabac,
l’excès de poids,
un âge avancé au moment du diagnostic (>40 ans),
la présence d’autres virus des hépatites comme le VHC et/ou le VHD,
la co-infection avec le VIH.

Sources : OMS, Hépatite B Aide-mémoire N°204 - Juillet 2016, Prise en charge des personnes infectées par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C, Rapport de recommandations 2014 Sous la direction du Pr Daniel Dhumeaux